PREUVE / Feuillet de consultation
À quelle fréquence refaire un pentest applicatif SaaS ?
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Ce qu’aucun texte ne fixe pour un éditeur SaaS
« La loi impose un pentest annuel » est faux pour un éditeur SaaS en général. Les textes cités dans les clauses de grands comptes parlent de tests réguliers, sans rythme :
- RGPD, article 32.1.d : une procédure pour tester, analyser et évaluer « régulièrement » l’efficacité des mesures de sécurité.
- NIS 2, article 21.2.f : des politiques et procédures pour évaluer l’efficacité des mesures de gestion des risques.
- Règlement d’exécution (UE) 2024/2690, annexe 6.5.2 (fournisseurs d’informatique en nuage et autres entités) : l’entité détermine, sur la base de son analyse de risques, la nécessité, la portée, la fréquence et le type de tests de sécurité.
- Cloud Controls Matrix v4 de la Cloud Security Alliance, contrôle TVM-06 : des procédures pour réaliser périodiquement des tests d’intrusion par des tiers indépendants, sans durée.
À retenir. Aucun de ces textes ne définit non plus une durée de validité d’un rapport. Quand un client écrit « de moins de douze mois », c’est sa clause qui parle.
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Les rythmes qui existent vraiment
| Cadre | Rythme | À qui il s’applique |
|---|---|---|
| DORA, article 24.6 | Au moins une fois par an, tests appropriés de tous les systèmes et applications soutenant des fonctions critiques ou importantes | Entités financières hors microentreprises ; la liste de l’article 25 comprend les tests de pénétration parmi d’autres tests |
| DORA, article 26 (TLPT) | Au moins tous les trois ans ; l’autorité peut réduire ou augmenter la fréquence | Entités financières désignées par les autorités |
| SecNumCloud v3.2, chapitre 18.2 | Un audit qualifié par an, par un PASSI, dans un programme d’audit sur trois ans ; revue indépendante à chaque changement majeur | Services qualifiés SecNumCloud |
| ISO/IEC 27001 (certification) | Certificat de trois ans, audits de surveillance les deux années suivantes, audit complet de renouvellement ; aucune fréquence de pentest imposée | Organisations certifiées : l’auditeur vérifie que vos propres règles sont appliquées |
| CCM v4, TVM-07 | Détection des vulnérabilités au moins une fois par mois sur les actifs gérés par l’organisation | Questionnaires CAIQ ; ce n’est pas un pentest |
| Clause du client | « Annuel », « après tout changement majeur », « avant renouvellement » | Uniquement ce client |
Un rythme choisi vous engage autant. SecNumCloud montre la forme d’un rythme imposé : il est écrit, et il précise qui réalise le test. Un rythme que vous choisissez vous engage autant : si votre processus interne annonce « un pentest par an » dans un cadre ISO 27001 ou dans un rapport SOC 2, l’auditeur contrôlera que vous le faites : ne promettez pas un rythme que votre équipe ne tiendra pas (voir pentest, SOC 2 et ISO 27001).
Le changement de surface d’attaque, vrai déclencheur
Le règlement 2024/2690 évoque des tests lors de la mise en place et après des mises à niveau ou modifications d’infrastructures ou d’applications jugées importantes. SecNumCloud parle de changement majeur. Ce qui rend une évolution « importante » pour un SaaS :
- une nouvelle authentification (SSO, fournisseur d’identité, MFA) ;
- un nouveau modèle de droits, un nouveau rôle, une délégation ;
- une refonte de l’isolation multi-tenant ou du stockage partagé ;
- une API exposée (REST, GraphQL, webhooks, API partenaires) ;
- une intégration qui échange des données avec un tiers ;
- un changement d’hébergeur ou de fournisseur d’identité ;
- un module traitant un type de données plus sensible.
À l’inverse, un changement d’interface, une mise à jour de dépendance sans incidence sur les droits ou un correctif de texte ne déplacent pas une frontière de confiance.
Caler le test sur le cycle de release
Une mission par an, sans lien avec les livraisons, produit un rapport sur une version qui n’existe plus au moment de la remise. Le calage suit la nature des changements :
| Type de livraison | Réponse proportionnée |
|---|---|
| Correctif ou évolution sans effet sur authentification, droits ou données exposées | Tests automatisés et revue de code, consignés dans le registre des changements |
| Nouvelle fonction avec droits propres, nouvel endpoint, nouveau rôle | Test ciblé sur cette fonction, avant mise en production ou peu après selon le risque |
| Nouvelle authentification, nouveau modèle de droits, refonte multi-tenant, nouvelle API publique | Mission sur le périmètre modifié, avant d’y accueillir les données d’un grand compte |
| Constat critique d’un pentest ou incident | Retest des chemins voisins du constat, pas seulement du point corrigé |
| Aucun changement depuis le dernier test, clause annuelle | Demander au client si le rapport précédent, accompagné du registre des changements depuis sa date, suffit |
Mettez en place trois éléments :
- Un registre des changements de surface d’attaque tenu par les équipes produit : date, version, nature (authentification, droits, API, données), périmètre touché.
- Une règle de déclenchement écrite dans la politique de sécurité : quelles entrées du registre exigent un test ciblé, lesquelles une mission complète.
- Une cadence des contrôles continus : analyse de dépendances et tests statiques à chaque livraison, tests dynamiques authentifiés à intervalles réguliers, détection mensuelle si un questionnaire l’exige (voir scan ou pentest). Ils comblent l’intervalle entre deux missions sans remplacer l’analyse humaine des scénarios.
Lire une clause qui parle de validité
Avant de planifier, faites préciser au client :
- la date retenue : début du test, fin du test ou remise du rapport ;
- la version de l’application visée : celle testée ou la version en production à la date de la vente ;
- si un test ciblé sur une partie du produit compte, ou si seul un test complet est recevable ;
- si un même rapport peut servir plusieurs clients, à condition que le périmètre soit identique et que les droits de diffusion le permettent (voir partager un rapport de pentest).
Clause « annuelle ». Une clause « annuelle » sans définition se règle par écrit, avant la commande, pas à la veille de l’échéance.

Construire le calendrier de l’année
Partez des dates qui imposent un rythme : renouvellement des contrats de vos grands comptes, audit de surveillance ISO 27001 ou période d’observation SOC 2 le cas échéant, revue annuelle SecNumCloud si vous visez la qualification. Reculez ensuite depuis chacune : le test, la restitution, les corrections, le retest. Le planificateur de pentest et de retest calcule ces jalons à rebours à partir des durées que vous saisissez. Pour les analyses de fond, voir aussi le guide sur les exigences clients et l’analyse du règlement TLPT.
Sources consultées le 1er octobre 2026
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 32, EUR-Lex
- Directive (UE) 2022/2555 (NIS 2), article 21, EUR-Lex
- Règlement d’exécution (UE) 2024/2690, annexe 6.5 et considérant 15, EUR-Lex
- Règlement (UE) 2022/2554 (DORA), articles 24 à 26, EUR-Lex
- ANSSI, SecNumCloud, référentiel d’exigences v3.2 (chapitre 18.2)
- Cloud Security Alliance, contrôles TVM (Threat and Vulnerability Management) de la CCM
- LSTI, cycle de certification ISO 27001